Perceval le gallois
Prêtez-moi le coeur et l’oreille car la parole se perd si le coeur n’entend pas.

Comment réaliser la justice sociale dans une conjoncture de crise systémique globale ( écologique, financière, économique, politique, sociale et culturelle ). L’humanité toute entière est concernée et cela doit nous amener à repenser la transition vers un monde postcroissant, posfossile et modifié par le climat.

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La décroissance

N° 171 – juillet-août 2020 : La décroissance c’est la liberté !


  • Courriers – dessins – Fin du lien humain, par Hervé Krief
  • L’écologie oui mais pour la liberté, par Denis Bayon
  • Éditorial : C’est reparti !, par Bruno Clémentin
  • Chronique d’Alain Accardo : Pensée magique
  • Le grand mensonge de la relance verte, par Pierre Thiesset
  • Salo­perie : Le plexiglas, par Hervé Krief
  • Écotartufe : Le C.N.N.R., par Denis Bayon
  • Simplicité volontaire : La clé des champs, interview d’Adeline et Mélanie
  • L’action du mois : Témoigner
  • Convention citoyenne, Un climat technocratique, par Pierre Thiesset
  • DOSSIER « La décroissance c’est la liberté »
  • Frédéric Rognon, Nature et liberté
  • Miguel Amorós, L’asservissement industriel
  • Pièces et main-d’œuvre, Contre l’organisation scientifique du monde
  • Olivier Leberquier, « Nous nous sommes libérés de la domination capitaliste en devenant propriétaires de notre outil de travail »
  • Dominique Bourg, « La tyrannie bienveillante est une idée absurde »
  • Randall Ghent, « Libérez les piétons enfermés dans les voitures »
  • Décroissance et liberté selon Vito
  • Lieux communs, Face aux nouveaux inquisiteurs
  • Xavier Noulhianne, Un monde totalement bureaucratisé
  • Jean Druon, Remettre les pieds sur terre
  • Nicole Le Garrec, Plogoff : ce que peut un peuple libre
  • Matthieu Amiech, L’incarcération numérique
  • Sezin Topçu, Société nucléaire, société autoritaire
  • Bédé : Au théâtre dans la forêt, par Domi et Druilhe
  • International : Le règne de la marchandise, interview d’Anthony Galluzzo
  • Le petit économiste : Sommes-nous des salauds et des idiots ?
  • Lectures
  • Casseurs de pub : L’humanisme de Clear Channel, par Jean-Luc Coudray
  • Convention climat
  • Professeur Foldingue : Vive l’avion vert
  • Lectures
  • Débat : Quelles solutions de la décroissance face à la vague de licenciements post Covid ? avec Natacha Polony, François Briens, Mariam Criblez et François Verret
  • Le Pacte du mois de Nicolas Bertrand : Vacances responsables
  • Chronique antinucléaire de Stéphane Lhomme : Profitez de votre été, l’Autorité de sûreté nucléaire veille.

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Le monde d’après : aller de l’avant ? Comment avant ? Pire qu’avant ?

Tout foutait le camp, à vitesse grand V. Et puis, soudain, la planète s’arrête.
On est à la croisée des chemins, désormais : redémarrer, mais comment ? Vers le mieux, en fin ?
Ou en pire, le pied sur l’accélérateur, vers le gouffre ?

Chômage partiel ? Travail double !
En plus du journal, du livre, du site, de la radio, l’équipe a trouvé de quoi s’occuper par temps de confinement...

L’an 01 : "On arrête tout, on réfléchit, et c’est pas triste !"
Depuis la cuisine du rédac’ chef, en ces temps confinés, on a donc relancé l’idée de l’An 01. L’An 01 ? C’est quoi ? Et pourquoi ?

Classiques épidémiques
« J’ai toujours aimé les épidémies. » C’est Gabriel Garcia Marquez qui avouait cela. Et de La Fontaine à Giono, de Boccace à Camus, ces temps particuliers ont inspiré bien des auteurs : l’ordre social est suspendu, la subversion s’épanouit, sexe et mort se côtoient.

Leur folie, nos vies

Qu’est-ce qu’on fait, maintenant, pour que « rien ne soit plus comme avant », pour de bon, et malgré eux ? Quelles leçons retenir de tout ça ? Le nouveau bouquin du rédac’ chef cherche des réponses, écrit en deux mois de confinement, ouvrage collaboratif, participatif, que vous avez été des milliers à amender, modifier, enrichir.
Le récit personnel d’une aventure collective, en somme, dont voici quelques extraits (en avant-première !).

Premiers de corvée
« On s’arrête », disait Gébé. Alors, on s’arrête, oui - bien obligés. Mais on alerte, aussi. On relaie vos colères et vos espoirs, arrivés par centaines, par milliers, même, sur nos boîtes, notre site.

La santé, une fatalité ?
L’hôpital est un champ de ruines, et cela ne date pas d’hier. Vous en avez témoigné, dès le début de cette crise. Comme un rappel (et pour aider le ministère à comprendre).

Amazon interdite
Amazon contre ses salariés : c’était David contre Goliath, version 2.0. Mais le rapport de forces a tourné en un rien de temps...

Pablo Servigne, Dominique Bourg : "Couper le cordon avec l’ancien monde"La guerre des mondes

Le premier à qui j’ai pensé, quand le grand stop est arrivé, c’est Pablo Servigne, « collapsologue », auteur notamment de Comment tout peut s’effondre et surtout de L’Entraide (mon préféré, un indispensable).
Alors je l’ai appelé depuis ma cusine.
Et dans la foulée, son complice et ami, le philosophe Dominique Bourg (qui est aussi un peu le mien, je pense, de complice et d’ami).
Je rassemble les deux entretiens en un.

Paul Jorion : "Il nous faut une économie dirigée" - Quand l’heure du confinement a sonné, je lisais justement Comment sauver le genre humain, le dernier essai de Pual Jorion et Vincent Burnand-Galpin.

Dominique Méda : "Changer de boussole" - Son travail sur la hiérarchie des métiers et des salaires faisait écho à la mission que je mène pour l’Assemblée nationale sur les Métiers du lien.. Dont on a vite vu, pendant la crise, à quel point ils étaient essentiels. Je l’ai rappelée.

Article mis en ligne le 17 juin 2020
Rubrique : Sociologie

Exposé au colloque de L’ARIF « Inconscient et changement social », le 9 mars 1987.
Publié dans Connexions, n° 48, 1987,
puis dans Les carrefours du Labyrinthe III – Le monde morcelé, 1990, Seuil

(mis en ligne en 2009 sur le site du collectif Lieux communs)

Nous sommes ici, cela va de soi, parce que nous voulons combattre le racisme, la xénophobie, le chauvinisme et tout ce qui s’y apparente. Cela au nom d’une position première : nous reconnaissons à tous les êtres humains une valeur égale en tant qu’êtres humains et nous affirmons le devoir de la collectivité de leur accorder les mêmes possibilités effectives quant au développement de leurs facultés. Loin de pouvoir être confortablement assise sur une prétendue évidence ou nécessité transcendantale des « droits de l’homme », cette affirmation engendre des paradoxes de première grandeur, et notamment une antinomie que j’ai maintes fois soulignée et que l’on peut définir abstraitement comme l’antinomie entre l’universalisme concernant les êtres humains et l’universalisme concernant les « cultures » (les institutions imaginaires de la société) des êtres humains. J’y reviendrai à la fin.

Mais ce combat, comme tous les autres, a été à notre époque souvent détourné et retourné de la manière la plus incroyablement cynique. Pour ne prendre qu’un exemple, l’État russe se proclame antiraciste et antichauvin, alors que l’antisémitisme encouragé en sous-main par les pouvoirs bat son plein en Russie et que des dizaines de nations et d’ethnies restent toujours de force dans la grande prison des peuples. On parle toujours - et à juste titre - de l’extermination des Indiens d’Amérique. Je n’ai jamais vu personne se poser la question : comment une langue qui n’était, il y a cinq siècles, parlée que de Moscou à Nijni-Novgorod a-t-elle pu atteindre les rives du Pacifique, et si cela s’est passé sous les applaudissements enthousiastes des Tatars, des Bouriates, des Samoyèdes et autres Toungouzes.

C’est là une première raison pour laquelle (...)

Article mis en ligne le 29 février 2020
Rubrique : Politique

11ème chapitre du « Manifeste contre le travail ». En 1999, alors que déjà le mouvement alter-confusionniste néo-keynésien et son idéologie alter-capitaliste de défense des « services publics » déployait tout juste au lendemain du contre-sommet de Seattle, la léthargie croissante de son anticapitalisme tronqué contre le seul « capitalisme financier », la revue allemande « Krisis » fondée en 1986 par Robert Kurz, Norbert Trenkle, Ernst Lohoff, Roswitha Scholz et Peter Klein, décidait de synthétiser en un nouveau grand Manifeste ses réflexions théoriques en rupture avec l’ensemble des courants marxistes du XXe siècle et plus encore avec cette gauche néo-keynésienne, dans un livre à large diffusion : le fameux Manifeste contre le travail.
Palim Psao

Table des matières I/ La domination du travail mort. II/ La société d’apartheid néo-libérale. III/ L’apartheid du néo-État social IV/ Aggravation et démenti de la religion du travail V/ Le travail, principe social coercitif VI/ Travail et capital : les deux faces de la même médaille VII/ Le travail, domination patriarcale. VIII/ Le travail, activité des hommes asservis IX/ L’histoire sanglante de l’instauration du travail X/ Le mouvement ouvrier : un mouvement pour le travail XI/La crise du travail.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pendant un bref instant historique, on a pu croire qu’avec les industries fordistes la société de travail s’était consolidée en un système de “prospérité perpétuelle” . Et du fait de ce système on a pu croire que, grâce à la consommation de masse et à l’État social, le caractère insupportable de cette fin en soi coercitive qu’est le travail pourrait être durablement pacifié. Hormis le fait que cette idée a toujours été celle d’ilotes démocratiques, valable seulement pour une petite fraction de la population mondiale, elle devait également se ridiculiser dans les pays hautement développés. Car avec la troisième révolution industrielle de la micro-informatique, la société de travail se heurte à sa limite historique absolue.

Que nous devions atteindre tôt ou tard cette limite était prévisible, car le système de production marchande souffre depuis sa naissance d’une contradiction interne incurable. D’une part, il vit de l’absorption massive d’énergie humaine à travers la dépense de la force de travail ; et plus il en consomme, mieux c’est. Mais d’autre part, la loi de la concurrence exige des entreprises une augmentation permanente de la productivité à travers laquelle la (...)

Article mis en ligne le 28 février 2020
Rubrique : Économie

Transcription d’une vidéo de Frédéric Lordon au sujet d’un propos de Emmanuel Macron justifiant la réforme de l’impôt sur la fortune (I.S.F.) de décembre 2018.

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Mise au point préalable de la rédaction :

Les protestations contre cette réforme de l’I.S.F. n’ont pas fait plier notre président et son gouvernement. En février 2020, à l’occasion du débat sur la réforme des retraites, le gestionnaire d’actifs le plus puissant du monde est montré du doigt comme principal bénéficiaire d’un remplacement d’un système par répartition mis en place par Ambroise Croizat ministre du travail entre 1945 et 1947 par un système par capitalisation. Pourtant

« l’épargne retraite » [n’est déjà] rien d’autre que de gentils fonds de pension à la française, gérés pour certains par les gentils « partenaires sociaux » ! Des titres financiers qui rapportent des intérêts ou des dividendes grâce à la croissance économique et l’exploitation maximum du travail !

Baba D. Retraite à points, croissance sans fin. La décroissance, num 146, p.11

Cela dit voyons comment Frédéric Lordon démonte l’imposture de la bourse des valeurs comme facteur d’investissements :

« Dans ce contexte, certains voudront que je revienne sur la réforme de l’I.S.F.. Conformément aux engagements pris devant vous, cet impôt a été supprimé pour ceux qui investissent dans notre économie et donc aident à créer des emplois. »

Emmanuel Macron – Décembre 2018

Dans le discours de E. Macron, la suppression de l’I.S.F. pour les valeurs mobilières était nécessaire pour améliorer le financement de l’économie, donc de la croissance et de l’emploi etc.. C’est la vocation des économistes libéraux de recourir à l’obscénité avec des arguments technocratiques administrés en toute autorité que le bon peuple est prié de ne pas discuter.

Argument de départ : il faut soulager les riches pour leur permettre de financer l’investissement. Quand une (...)

Article mis en ligne le 1er novembre 2019
dernière modification le 21 décembre 2019
Rubrique : Politique
Le meilleur des mondes

Contre l’eugénisme et l’anthropocide

Appel pour l’abolition de toute reproduction artificielle de l’humain [6]

Un crime contre l’humanité a lieu sous nos yeux.

Ce crime, né du cerveau des biologistes [7] et commis avec les moyens de la médecine et de la génétique, se présente sous les dehors d’un bienfait et d’une émancipation pour l’humanité.

Bienfait pour les victimes de stérilité (organique ou due à l’empoisonnement chimique et industriel du milieu), pour les femmes seules et les couples de même sexe naturellement inféconds.

Émancipation du vivant – spontané, autonome et imprévisible –, des contraintes de la nature d’où découlait la naissance, avec ses aléas.

Ce crime, c’est l’eugénisme (d’abord nommé viriculture ou aristogénisme), la sélection scientifique de l’espèce humaine, ainsi re-nommé en 1883 par Galton, un cousin de Darwin, également co-inventeur de la biométrie avec Karl Pearson (1857-1936). Ou encore hygiène de la race (Rassenhygiene), en 1904, par Alfred Ploetz et Ernst Rüdin, deux médecins nazis. Un crime soutenu et propagé par d’innombrables scientifiques, entrepreneurs (Henry Ford, John D. Rockfeller), penseurs (Renan, Teilhard de Chardin), dirigeants politiques (Trotski, Churchill, Hitler). Et de nouveau renommé transhumanisme en 1957 par Julian Huxley – le frère d’Aldous Huxley (Le Meilleur des mondes), biologiste et directeur de l’Unesco – après que les nazis eussent révélé la vérité de l’eugénisme. La création in labo d’un Übermensch, d’une « race de seigneurs » et de surhommes « augmentés ».

La machination de l’humain (production artificielle, modifications génétiques), (...)

Article mis en ligne le 13 octobre 2019
Rubrique : Sociologie

Extrait de l’ouvrage de Alain Supiot « La gouvernance par les nombres » paru en 2015 aux éditions Fayard.

L’aspiration à un « régime de travail réellement humain » est elle compatible avec l’ « organisation scientifique du travail » et la mobilisation totale du capital humain dans une compétition généralisée ? La réponse dépend de l’interprétation que l’on fait de la notion de « régime de travail réellement humain » [...]

A première approche, on peut dire qu’il doit s’agir d’un travail permettant à celui qui l’exécute de mettre une part de lui-même dans ce qu’il a fait. Car tel est le propre du travail de l’homme, ce qui le distingue de celui de l’animal ou de la machine. Il prend racine dans des représentations mentales que le travailleur s’efforce d’inscrire dans l’univers des choses ou des symboles. En cela le travail est aussi une école de la raison : mettant nos images mentales aux prises avec les réalités du monde extérieur, il nous oblige à prendre la mesure, et de ce monde, et de ses représentations. Simone Weil l’a dit dans l’une de ses formules fulgurantes dont elle a le secret :

« C’est par le travail que la raison saisit le monde même, et s’empare de l’imagination folle [13] ».

Cette confrontation n’existe pleinement que dans ce qu’on appelle très improprement le travail manuel, qui mobilise à la fois le corps et l’esprit dans l’expression d’un savoir-faire [14]. Le travail intellectuel a bien lui aussi une dimension physique puisqu’il requiert un état de santé minimal, mais il ne met pas le corps aux prises avec le monde comme le fait le travail du paysan, de l’ouvrier, du sculpteur ou du danseur. Proudhon disait que « celui qui a son idée dans le creux de la main est souvent un homme de plus d’intelligence, en tout cas, plus complet que celui qui la porte dans sa tête, incapable de l’exprimer autrement que par (...)

Article mis en ligne le 26 mai 2019
Rubrique : Écologie

Il ne reste plus qu’une toute dernière chance pour déjouer l’imminent écocide et l’extinction de l’espèce humaine. Nous devons, petit à petit, mener des actions non-violentes de désobéissance civile pour paralyser les capitales des pays les plus industrialisés, affaiblir le commerce et les transports, jusqu’à ce que les élites au pouvoir soient obligées de reconnaître publiquement la vérité sur la catastrophe climatique, mettre en place des mesures radicales pour arrêter les émissions de carbone d’ici 2025 et autoriser une commission de citoyens indépendants à surveiller la fin de notre débauche liée aux énergies fossiles vieille de 150 ans. Si nous n’agissons pas, nous devrons affronter une mortalité massive.

Action

Il ne reste plus qu’une toute dernière chance pour déjouer l’imminent écocide et l’extinction de l’espèce humaine. Nous devons, petit à petit, mener des actions non-violentes de désobéissance civile pour paralyser les capitales des pays les plus industrialisés, affaiblir le commerce et les transports, jusqu’à ce que les élites au pouvoir soient obligées de reconnaître publiquement la vérité sur la catastrophe climatique, mettre en place des mesures radicales pour arrêter les émissions de carbone d’ici 2025 et autoriser une commission de citoyens indépendants à surveiller la fin de notre débauche liée aux énergies fossiles vieille de 150 ans. Si nous n’agissons pas, nous devrons affronter une mortalité massive.

Le groupe britannique Extinction Rebellion a appelé à des actions non-violentes de désobéissance civile le 15 avril dans les capitales du monde entier afin d’inverser notre « aller simple vers l’extinction ». Je ne sais pas si cette action va réussir mais je suis sûr d’une chose : c’est le seul moyen qui reste pour forcer les élites au pouvoir qui, malgré le fait que le changement climatique soit bien connu depuis au moins trente ans, refusent de mettre en place les mesures nécessaires à la protection de la planète et de l’espèce humaine. Ces mêmes élites sont, pour cette seule raison, illégitimes. Elles doivent être remplacées.

« C’est notre devoir sacré de nous rebeller afin de protéger nos foyers, notre futur et le futur de toute vie sur Terre » affirme Extinction Rebellion. Et ça n’est pas une hyperbole. Comme le confirme chaque rapport sur le climat, il ne nous reste que peu de temps. Et il se peut qu’il soit déjà trop tard.

« C’est notre devoir sacré de nous rebeller afin de protéger nos foyers, notre (...)

Article mis en ligne le 28 avril 2019
Rubrique : Politique

Jacques COTTA et Marc Lebas - C’est l’intérêt général et l’exigence démocratique qui font de la souveraineté une exigence non négociable.
Ce qui intéresse l’UE, institution rejetée par referendum en 2005, c’est la PARTICIPATION au vote, alors qu’il est notoire que ce parlement n’a ni légitimité, ni réel pouvoir. Alors, quelles seraient les raisons de voter ?

La souveraineté et la république sociale…

Par Jacques COTTA, le 4 Avril 2019 sur cnjs.fr

… Du contenant au contenu.

Il faut partir en politique des faits tels qu’ils s’affirment sous nos yeux et éviter de prendre ses désirs pour des réalités. Il existe une multitude de groupes, de sous-groupes, d’associations, de partis qui se réclament de la souveraineté nationale. Et pour autant, sur l’exigence fort juste de souveraineté, aussi nombreux qu’ils soient, ces partis, groupes, associations ne rassemblent que fort peu de militants et ne réalisent en période électorale que des scores très marginaux. Quelle est donc la raison de ce paradoxe évident ?

De deux choses l’une : soit les citoyens sont opposés à cette exigence de souveraineté, soit ses partisans s’expliquent très mal, au point que nul n’y comprend pas grand chose, sinon rien. J’opte pour la seconde solution.

C’est en effet très majoritairement que les peuples en général, le peuple français en particulier, désirent être maîtres de leur destin. Nous gardons encore en mémoire le référendum sur la constitution européenne de 2005. Alors que les médias toutes tendances confondues, les partis de « droite » comme de « gauche », les éditorialistes, les « meneurs » d’opinion militaient activement pour le « Oui », c’est le « Non » qui l’a emporté, a la surprise de tous ceux qui ne voulaient pas plus comprendre hier qu’aujourd’hui l’attachement du peuple au contrôle et à la direction de ses propres affaires.

Mais qu’est-ce qui a pesé de façon déterminante en 2005 ? Le développement au nom de l’éducation populaire du concept de souveraineté, ou sa portée concrète illustrée par « la concurrence libre et non faussée » ou encore par le « plombier polonais » ?

La « capitalisation » (...)

Article mis en ligne le 14 avril 2019
Rubrique : Sociologie

Extrait du chapitre « Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues » tiré de l’ouvrage de Christopher Lasch, « Les femmes et la vie ordinaire »
LASCH C. Les femmes et la vie ordinaire – 5. Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues. Flammarion Champs essai, 1997, pp163-169
Historien de formation, penseur anticonformiste, Christopher Lasch (1932- 1994) est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La révolte des élites et La Culture du narcissisme

Quatrième de couverture du livre de Christopher Lasch, « Les femmes et la vie ordinaire »

Et si l’histoire des femmes ne se réduisait pas à une longue chronique de l’oppression patriarcale ? Prenant le contre-pied d’une pensée féministe répandue, Christopher Lasch montre le caractère paradoxal de l’émancipation des femmes et insiste sur le rôle qu’elles ont joué dans leur propre soumission : croyant se libérer du patriarcat traditionnel, elles se sont en réalité assujetties à un nouveau paternalisme, celui de la société de consommation et de L’État libéral.

Proposant une réflexion solide sur la désintégration de la famille contemporaine, ce recueil d’articles composé de la main de l’auteur peu de temps avant sa mort, constitue une excellente introduction aux grands thèmes de la pensée de Lasch.

« Division sexuelle du travail, déclin de la culture civique et essor des banlieues »

[…] Je ne cherche pas à encourager les femmes à abandonner leur lieu de travail ou à les pousser dans une position de dépendance économique, mais au contraire à faire remarquer que les carrières professionnelles ne sont pas plus libératrices pour elles que pour les hommes si les carrières en question sont régies par les exigences de l’économie d’entreprise. Tant que le lieu de travail est dominé par le besoin de soutenir la croissance économique en produisant des biens et services dont personne n’a réellement besoin, il sera incapable de satisfaire le désir de devenir non seulement autonome mais encore utile est respectueux de soi. Et le travail des femmes n’en transformera pas plus le lieu de travail, contrairement à ce que promettent souvent les féministes. Placer la femme à la tète d’une entreprise, d’un cabinet d’avocats, d’un journal, (...)

Article mis en ligne le 5 avril 2019
dernière modification le 31 octobre 2019
Rubrique : Écologie

Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme - Pièces et main d’œuvre

Frères humains, sœurs humaines,

Vous avez entendu parler du transhumanisme et des transhumanistes ; d’une mystérieuse menace, groupe fanatique, société de savants et d’industriels, discrète et puissante, dont les menées occultes et l’objectif affiché consistent à liquider l’espèce humaine pour lui substituer l’espèce supérieure, « augmentée », des hommes-machines. Une espèce résultant de l’eugénisme et de la convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, des neurotechnologies et des immenses progrès de la science.

Vous avez entendu l’ultimatum, cynique et provocant, de ce chercheur en cybernétique : « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré. » [21] et encore, « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. » [22]

Et vous vous êtes demandé s’il fallait prendre ces esbroufes au sérieux, ou s’il ne s’agissait que de science-fiction et de l’expression boursouflée de l’orgueil technocratique.

Hélas, le danger est véritable, et l’Humanité affronte une tentative d’extinction, fomentée par et pour une faction égoïste, implacable et toute-puissante, lasse de partager ce monde résiduel avec des masses de bouches inutiles et toujours plus nombreuses.

Comment en sommes-nous venus là, et que devons-nous faire ?

Au début, il y avait les poètes.

Rimbaud : « J’ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J’ai essayé d’inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J’ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien (...)

Article mis en ligne le 28 janvier 2019
Rubrique : Écologie

Article original en anglais : Climbing The Ladder of Awareness - Traduction libre (de tous droits d’auteur) par Paul Racicot.

Lorsqu’il s’agit de notre compréhension de la crise mondiale actuelle, chacun de nous semble s’insérer quelque part le long d’un continuum de prise de conscience qui peut être grossièrement divisé en cinq étapes :

1. En sommeil profond. À ce stade, il ne semble y avoir aucun problème fondamental, seulement quelques lacunes dans l’organisation humaine, le comportement et la moralité, lacunes qui peuvent être résolues à l’aide d’une attention appropriée portée à l’élaboration de règles. Les gens à ce stade ont tendance à vivre avec joie, avec des explosions occasionnelles d’irritation lors de périodes électorales ou de la publication trimestrielle des bénéfices des entreprises.

2. Conscience d’un problème fondamental. Que ce soit le changement climatique, la surpopulation, le pic pétrolier, la pollution chimique, la surpêche océanique, la perte de biodiversité, le corporatisme, l’instabilité économique ou l’injustice sociopolitique, un problème semble retenir l’attention complètement. Les gens à ce stade ont tendance à devenir d’ardents militants pour leur cause choisie. Ils ont tendance à être très volubile quant à leur problème personnel, et aveugle à tous les autres.

3. Conscience de nombreux problèmes. Alors que les gens absorbent des évidences de différents domaines, la conscience de la complexité commence à croître. À ce stade, une personne s’inquiète de la hiérarchisation des problèmes en termes de leur urgence et de leur force d’impact. Les gens à ce stade peuvent devenir réticents à reconnaître de nouveaux problèmes – par exemple, quelqu’un qui s’est engagé à lutter pour la justice sociale et contre le changement climatique peut ne pas reconnaître le problème de l’épuisement des ressources. Ils peuvent penser que le problème est déjà assez complexe, et que l’ajout de nouvelles préoccupations ne ferait que diluer l’effort à déployer pour résoudre le problème de « plus haute priorité ».

4. Conscience des interconnexions entre les (...)

Article mis en ligne le 14 janvier 2019
dernière modification le 30 janvier 2019
Rubrique : Économie

Résumé de l’article écrit par Renaud Lambert et Sylvain Leder, professeur de sciences économiques et sociales (SES) qui a participé à la coordination du Manuel d’économie critique – hors série du Monde diplomatique de 2016.
Sur le mode de la fiction un article paru dans le Monde diplomatique de Octobre 2018 s’est intéressé sur les moyens de résister à l’emprise de la finance. Il imagine une crise profonde conduisant une population à engager le combat, avant de proposer un plan de bataille ouvrant des perspectives d’émancipation, mais sans en ignorer les coûts.

Depuis longtemps, les économistes de gauche ont prévenu : si leur camp politique parvient au pouvoir et prétend mettre en œuvre son programme, la « dictature des marchés » le placera immédiatement devant la nécessité d’engager le combat.

Frédéric Lordon

Une atmosphère d’aquarelle ?

Au moment d’imaginer une méthode pour terrasser la « Gorgone » financière, les organisations politiques semblent embarrassées. Ainsi les auteurs de l’ouvrage de l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC) intitulé Dix ans après la crise, prenons le contrôle de la finance (les Liens qui libèrent, 2018), troquent le scalpel pour la poussière d’étoiles.

L’article de Renaud Lambert et de Sylvain Leder propose un exercice imaginaire permettant d’isoler les variables afin de se concentrer sur le conflit avec les marchés dans un décor politique idéal.

La population ayant choisi de tourner la page du néolibéralisme, elle élit une personne déterminée à y œuvrer et la dote d’une majorité confortable au parlement. L’équipe au pouvoir dispose d’une formation politique mûre, avec des cadres compétents et en nombre suffisants pour remplacer les hauts fonctionnaires rétifs au changement. Dans la rue la mobilisation populaire est massive. Les médias privés ne parviennent pas à jouer un rôle d’opposition.

En dépit de ce scénario idyllique le nouveau pouvoir devrait mener un combat d’une rare violence.

« Un dirigeant progressiste qui afficherait sa détermination déclencherait immédiatement une réaction hostile des marchés, et plus généralement de toutes les forces du capital. […] Réaction qui le contraindrait à passer la vitesse supérieure, dans une escalade conduisant à des mesures très radicales, sauf à « caler ». […] Ce qu’il s’agit de bien mesurer, c’est le niveau d’hostilité auquel on s’expose, et qu’une fois lancé on ne peut plus s’arrêter. Car il n’existe pas d’option gradualiste. »

Frédéric Lordon Frédéric Lordon

Pour conduire cet exercice (...)

Article mis en ligne le 30 décembre 2018
dernière modification le 10 décembre 2018
Rubrique : Économie

Penser la République Sociale pour le XXIe siècle. Tome I
NDLR – Extrait abrégé des pages 186 à 224 de Penser la République Sociale pour le XXIe siècle. I – De la cité à l’atelier (Eric Jamet éditeur, 2015. Voir le Sommaire). Pour une présentation graphique de ce qui suit, voir aussi le diaporama associé : Les vaches de M le comte.

Part du capital tenu par les salariés

La socialisation progressive reprend le flambeau des grandes réformes de la propriété, comme l’ont été l’abolition des privilèges féodaux en 1789 ou les nationalisations en 1945 et 1981, et la voie tracée par Jean Jaurès.

« L’expérience montrera que les réformes les plus hardies peuvent être des palliatifs, mais tant qu’elles ne touchent pas au fond même de la propriété capitaliste, elles laissent subsister la racine amère des innombrables souffrances et des innombrables injustices qui pullulent dans notre société. ».

La Dépêche, le 18 décembre 1895, cité par Charles Sylvestre

« Nous demandons que tout individu humain, ayant un droit de copropriété sur les moyens de travail qui sont les moyens de vivre, soit assuré de retenir pour lui-même tout le produit de son effort, assuré aussi d’exercer sa part de direction et d’action sur la conduite du travail commun. »

« Quand le prolétariat socialiste aura été porté au pouvoir par les événements, par une crise de l’histoire, il ne commettra pas la faute des révolutionnaires de 1848 : il réalisera d’emblée la grande réforme sociale de la propriété ».

Socialisme et Liberté, 1898.

Cette réforme de la propriété serait le résultat de l’abolition, à l’instar de la nuit du 4 août 1789, d’un privilège fondateur du capitalisme et du salariat : ce privilège qui octroie, au capital seul, la propriété de la totalité des moyens de production nouveaux créés par autofinancement, alors qu’ils sont le résultat de la combinaison productive du capital et du travail.

La seule abolition de ce privilège entraînerait progressivement un transfert de la propriété des entreprises du capital vers le travail, d’abord de la minorité de blocage (33% du capital), puis de la majorité du capital des entreprises (...)

Article mis en ligne le 16 décembre 2018
dernière modification le 8 décembre 2018
Rubrique : Économie

Conclusion du livre-manifeste Gratuité vs capitalisme (Larousse). Le Forum national de la gratuité aura lieu le samedi 5 janvier 2019 à Lyon
Toutes informations ici

La gratuité tire les leçons des échecs des politiques d’émancipation depuis du 20e siècle. Tout appel au sacrifice au nom du bonheur des générations futures se conclut dans le sang. Nous ne croyons plus aux lendemains qui chantent car nous voulons chanter au présent. Cette bonne nouvelle possède à la fois un fondement matériel et un fondement idéel. La planète est déjà bien assez riche pour permettre à sept milliards d’humains de vivre bien. Les nouveaux gros mots de l’émancipation (buen vivir sud-américain, plus vivre négro-africain, écologisme des pauvres en Inde) montrent que les peuples ne désirent pas « toujours plus ». Au terme de ce voyage aussi gourmand que gourmet au sein des expériences de gratuité, qui sont autant de laboratoires d’un monde en gestation, je crois nécessaire d’établir dix grands repères permettant d’avancer, dès maintenant, vers une civilisation de la gratuité. Gratuité ou barbarie

La gratuité est une réponse à la crise systémique qui menace l’avenir même de l’humanité. C’est bien parce que la planète est en feu qu’il convient de changer de paradigme dominant. C’est bien parce que notre civilisation meurt qu’il faut observer les alternatives émergentes. Le monde actuel court à sa perte mais d’autres mondes peuvent déjà s’y substituer. Le meilleur n’est pas certain comme le prouvent les projets d’adapter la planète et l’humanité aux besoins qui sont ceux du capitalisme mais le pire peut être évité grâce à la gratuité. La gratuité n’est pas toute la solution mais elle a le mérite de rouvrir le champ des possibles. C’est bien parce que l’eau potable devient plus rare que nous devons la rendre gratuite ; c’est bien parce que les transports sont responsables d’une part essentielle des émissions de (...)

Article mis en ligne le 8 décembre 2018
Rubrique : Politique

Extrait de la conclusion du livre de Denis COLLIN « Après la gauche »

Des transformations historiques profondes sont en cours dans tous les pays du monde et en particulier dans les pays démocratiques qui ont vécu si longtemps sous le signe du progrès, de la gauche, du mouvement ouvrier et du socialisme. Sur quoi ces changements déboucheront ils ? Nul ne peut le prévoir et on ne peut qu’esquisser ce qui serait à la fois possible et souhaitable. Mais quoi qu’il en soit, la « gauche » est arrivée au terme de son chemin. Une nouvelle page s’ouvre. Comprendre comment on en est arrivé là, c’est peut-être la tâche la plus importante pour affronter l’avenir.

Auteur : Denis Collin, né en 1952, est agrégé de philosophie et docteur ès lettres. Il est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à la philosophie, à la morale et à la pensée politique. Son Introduction à la pensée de Marx est parue au Seuil en mars 2018. Il fait suite à plusieurs autres ouvrages consacrés à cet important philosophe qu’il faut redécouvrir sous les décombres du marxisme.

Au commencement était l’action

Il est donc certainement assez vain de distinguer à l’avance un nouveau sujet révolutionnaire. On a déjà parlé de cette question à propos de la crise de la gauche. Par contre, il est intéressant de savoir quels intérêts pertinents doivent être défendus au premier lieu.

Si les peuples sont des éléments actifs dans le cadre de la nation, la question essentielle est celle de la liberté. Autrement dit, l’organisation politique nationale est nécessairement conçue comme si elle était le résultat d’une délibération entre citoyens libres et égaux. C’est l’idée ancienne et encore utile du « contrat social » comme fondement du droit politique [34]. Pour que la multitude puisse faire un, il faut en effet que deux conditions soient (...)

Article mis en ligne le 1er août 2018
Rubrique : Politique

Les associations, syndicats et partis se heurtent au problème de la prise de décisions efficace au sein d’un collectif tout en respectant le grand principe d’émancipation. Les organisations ( associations, syndicats, partis) sont le siège des principales atteintes à l’émancipation et à l’autonomie, qu’elles soient dotées de structures formelles hiérarchiques classiques, ou de structures informelles.

Une association est un groupement de personnes volontaires réunies autour d’un projet commun ou partageant des activités, mais sans chercher à réaliser de bénéfices. Elle peut avoir des buts très divers (sportif, défense des intérêts des membres, humanitaire, promotion d’idées ou d’œuvres…). La liberté d’association n’a été réellement acquise qu’avec la loi Waldeck-Rousseau du 1er juillet 1901 sur le contrat d’association.

Un syndicat est une association de personnes destinée à la défense de leurs intérêts professionnels communs. Les syndicats professionnels regroupent des personnes exerçant la même profession, des métiers similaires ou connexes, qui ont pour objet exclusif l’étude et la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux tant collectifs qu’individuels des personnes mentionnées dans leurs statuts. Ils ont la capacité d’ester en justice.

Les partis politiques, enfin, sont des regroupements de citoyens et d’élus qui travaillent à proposer une vision du monde déterminée par des choix politiques. Acteurs du pluralisme politique, ils ont une fonction de représentation, proposent des lois et s’impliquent dans la gestion de la cité.

Au niveau des modes d’action, pour simplifier la catégorisation, les associations et les syndicats ont en commun de pouvoir agir par modes de pression, mais les associations le font davantage en agissant sur un terrain donné et en participant au débat public.

Les syndicats ont eux davantage un rôle socio-juridique en agissant en premier lieu pour la défense des droits des travailleurs.

Les partis politiques sont, pour la plupart, davantage investis dans le débat public et visent en premier lieu à obtenir le vote des citoyens pour pouvoir agir. Cependant des (...)

Article mis en ligne le 15 juillet 2018
Rubrique : Politique

L’entreprise de la quatrième révolution industrielle.
Le programme économique de la Lega et du M5s ne font pas, ou, très peu référence aux questions économiques, à celle du travail ou aux inégalités sociales. C’est qu’ils s’accommodent assez bien du système capitaliste. Or ils vont être confrontés rapidement aux défis, non seulement de Bruxelles et du FMI, mais aussi de l’Assolombarda, syndicat patronal de l’industrie pour la Lombardie, le poids lourd du MEDEF italien, celui qui donne le "La" en matière de politique, d’économie, de travail et de social.

Je remercie Denis COLLIN de m’avoir autoriser à reproduire un extrait de l’article « Italie : révolution « fasciste » ? Offensive du capital ? ». Il s’agit d’une analyse de Danielle RIVA, parue dans Utopie Critique

Ce texte faisant référence à la situation italienne peut parfaitement être appliqué à la situation de l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Nous ne pourrons pas dire que nous nous y attendions pas..

Le FMI a consacré dans sa brochure annuelle peu avant l’élection italienne, un chapitre réservé à l’Italie dont le fond est toujours le même : consolidation budgétaire crédible et ambitieuse, et réduction de la dette publique à 60% du PIB dans les années 2020 (actuellement 132% du PIB). C’est-à-dire diviser les dépenses sociales etc., par deux !! :

« une coupe des dépenses primaires, un accroissement des investissements et une réduction de la pression fiscale sur le travail » et « un soutien aux plus vulnérables ».

Sans dire, comment soutenir les « plus vulnérables » dans ces conditions-là. La charité privée, comme aux États unis qui sélectionne les « bons » des « mauvais » pauvres ?

Cette politique de réduction des dépenses publiques ne s’adresse pas seulement à l’Italie mais à tous les pays européens et autres. Elle prétend faire face à un nouvel emballement possible de la finance internationale et au risque systémique qui pourrait à nouveau la toucher.

« Les risques à court terme pour la stabilité financière ont augmenté et les risques à moyen terme restent élevés. Les vulnérabilités financières qui se sont accumulées au cours des années de très faibles taux et volatilité pourraient casser la croissance ».

La Réserve Fédérale américaine vient de relever ses taux d’intérêts d’un quart de point, pour la (...)

Article mis en ligne le 15 juillet 2018
Rubrique : Sociologie

« Il y a une décennie et demi, le monde est passé de bipolaire à unipolaire, parce que l’un des pôles s’est désagrégé : l’Union soviétique n’est plus. L’autre pôle - symétriquement appelé les États-Unis - ne s’est pas (encore) désagrégé, mais il y a des grondements menaçants à l’horizon. L’effondrement des États-Unis semble aussi improbable maintenant que l’était l’effondrement de l’Union soviétique en 1985. L’expérience du premier effondrement peut-être instructive pour ceux qui souhaitent survivre au second. »
- Dmitry Orlov

Le livre de Dimitry Orlov, Les cinq stades de l’effondrement, est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

L’auteur a vécu l’effondrement de l’Union Soviétique. Immigré aux États-Unis, il a su conserver, à l’instar d’un Soljenitsyne, un regard critique sur son nouveau pays et sur les sociétés occidentales en général.

Il a su y déceler les prémices d’un effondrement et les faits lui donnent de plus en plus raison…

Dmitry Orlov

Dmitry Orlov est ingénieur et a travaillé dans de nombreux domaines incluant la recherche en Physique des Hautes Énergies, le commerce en ligne et la sécurité informatique. Durant les huit dernières années, il a expérimenté un mode de vie autonome grâce aux énergies renouvelables, en abandonnant maison et voiture. À la place, il vit sur un voilier, naviguant le long de la côte Est de l’Amérique du Nord, et se rend au travail à bicyclette. Dmitry croit qu’avec une technologie appropriée nous pouvons grandement réduire notre consommation personnelle de ressources tout en demeurant parfaitement civilisés. Les cinq stades

Les cinq stades de l’ effondrement selon Dmitry Orlov sont : L’effondrement financier, les banques ne répondent plus, l’accès au capital est perdu et les placements financiers réduits à néant. L’effondrement commercial, les magasins sont vides, les monnaies dévaluées L’effondrement politique, le gouvernement a perdu sa légitimité et n’est plus un recours L’effondrement social : les institutions sociales ne remplissent plus leur fonction de protection L’effondrement culturel : les gens perdent leur capacité de bienveillance, d’honnêteté, de (...)

Article mis en ligne le 8 juillet 2018
dernière modification le 31 janvier 2019
Rubrique : Économie

Gaël Giraud est directeur de recherches au CNRS, membre du Centre d’Économie de la Sorbonne, de l’organisme de régulation financière Labex-Refi, de l’École d’Économie de Paris et du Conseil Scientifique de « The Shift Project ». Ce texte est une transcription du résumé de son travail et celui de Zeynep Kahraman sur les liens entre le PIB et l’énergie présenté lors des Ateliers du « Shift project »du 06 mars 2014.
L’intégralité de son intervention est visible ici
L’intégralité du diaporama est visible ici

Absence de corrélation entre le prix du baril de pétrole et le PIB

L’équation de Kaya

L’équation de Kaya peut être formulée de la façon suivante :

[ PIB / POP(active) ] = [ ENG/ POP(active) ] X [ PIB / ENG ]

[ PIB / POP(active) ] := Croissance du PIB par habitant.

[ ENG / POP(active) ] := Croissance de la consommation d’énergie par habitant.

[ PIB / ENG ] := Croissance de l’efficacité énergétique.

La formule nous fait prendre conscience qu’il existe un lien entre la croissance du PIB par habitant, la consommation d’énergie par habitant et l’efficacité énergétique. Ce lien pourrait être qualifié de tautologique parce que l’équation de Kaya n’et qu’une égalité comptable. Cependant elle montre qu’il ne peut y avoir de croissance (terme de gauche) sans augmenter la croissance des termes à la droite de l’équation soit l’efficacité énergétique, soit la consommation d’énergie par habitant.

Tautologie

Procédé rhétorique ou négligence de style consistant à répéter une idée déjà exprimée soit en termes identiques, soit en termes équivalents.

La question du lien entre le PIB et l’énergie parce que pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le CO2 en particulier, une solution serait de réduire le PIB, ce qui équivaut à une réduction générale du pouvoir d’achat et ce n’est pas très « vendeur » auprès d’un électorat même si une répartition plus équitable des richesses pourrait en atténuer les effets dans le cadre d’un programme de transition(J.M. Jancovici).

Entre 1965 et 1981 l’augmentation du PIB mondial était de 3,5 % en moyenne annuelle soit 2,5 % d’augmentation de la consommation d’énergie et 1 % d’augmentation de l’efficacité énergétique. Depuis 1981 l’augmentation n’a plus été que de 1,5 % soit 0,5 % pour la consommation d’énergie et 1 % pour l’efficacité énergétique. La consommation (...)

Article mis en ligne le 10 juin 2018
Rubrique : Politique

Sous le titre « Le ministère de la vérité arrive » Vincent Cheynet dans le journal mensuel « La Décroissance » nous donne dix exemples de nouvelles trompeuses nommées aussi « fausses nouvelles » ou « fake news ». La reproduction de cet article est un appel à soutien et à abonnement.

Édité depuis 2004 par Casseurs de pub, « le journal de la joie de vivre » constitue l’une de mes références essentielles. Chaque mois, Vincent Cheynet, Bruno Clémentin, Pierre Druilhe, Pierre Thiesset et leurs chroniqueurs (parmi lesquelles François Jarrige, Alain Accardo, Thierry Brulavoine ou Alain Gras) remettent en question les dogmes économiques (dont la sacro-sainte croissance) et les dogmes idéologiques (dont le progrès ou la technologie) de notre époque, avec humour et intelligence. Même si le journal n’est pas menacé de disparition, dans le numéro du mois de décembre 2017, les objecteurs de croissance appellent leurs lecteurs à l’aide en leur proposant d’acheter le journal en kiosque, de s’abonner, d’offrir des abonnements, de faire un don, de faire circuler le journal, etc.

Le comptoir

L’assemblée nationale a été saisie par le groupe majoritaire LRM d’un projet de loi destinée à lutter contre les « fausses nouvelles », terme de substitution à celui de « fake news »plus communément employé (snobisme angliciste ?). La loi a finalement été rebaptisée « loi contre la manipulation de l’information ». Nous pouvons être inquiets par ce texte qui empêchera l’expression grâce à Internet d’opinions qui ne seraient pas validées par le pouvoir et / ou par des instances médiatiques sélectionnées par ce dernier. La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, partie intégrante de notre Constitution garantit pourtant cette liberté fondamentale. Françoise Nyssen, ministre de la culture, n’a pas fait mystère du point de vue idéologique qui sous-tend cette initiative gouvernementale, en déclarant publiquement que :

« La capacité de discernement des citoyens ne suffit plus » et qu’il « faut former les citoyens ».

Madame (...)

Article mis en ligne le 2 juin 2018
dernière modification le 14 mai 2020
Rubrique : Écologie

Résumé de l’article de Jean-Marc Jancovici publié sur son site qui pose, à mon sens, la question politique essentielle de l’avenir de la civilisation occidentale face à la déplétion des ressources en énergies fossiles. Concernant l’attribution de la responsabilité du réchauffement climatique et de ses effets, nous devons déconstruire la stratégie de substitution causale (Vincent Mignerot) qui nous a maintenu jusque là dans l’insouciance. Cet article a le mérite de poser de vrais questions politiques : A nous de choisir le type de société que nous voulons pour les générations à venir compte tenu que « l’idée d’une croissance matérielle infinie dans un monde fini est bien l’utopie la plus folle qu’un esprit humain ait jamais conçu »(Jean-Claude Michéa)

Centrale à charbon au Canada

CO2 = [ CO2 / TEP ] X [ TEP / PIB ] X [ PIB / POP(active) ] X [ POP(active) ]

C’est une équation attribuée au professeur japonais dénommé Kaya, chercheur connu pour les questions de politique énergétique, ayant des points communs troublants avec son homologue français Jean-Marc Jancovici...

Cette équation part du principe que l’on peut toujours multiplier ou diviser par un même nombre chaque coté d’une égalité.

Appelons CO2 les émissions mondiales de gaz carbonique, le principal gaz à effet de serre d’origine humaine. Nous pouvons écrire qu’elles sont égales à elles-mêmes :

CO2 = CO2

* Définition : Tonne équivalent pétrole - TEP

La TEP (tonne d’équivalent pétrole) permet de mesurer l’énergie calorifique d’une tonne de pétrole « moyen ». Elle est souvent employée dans les bilans énergétiques : ktep (103 tep), Mtep (106 tep). La TEP sert à quantifier la quantité d’énergie transformée.

Connaissance des énergies

il est possible de multiplier et diviser un des côtés de l’équation par n’importe quoi de non nul. Nous pouvons donc poser :

CO2 = [ CO2 / TEP ] X [ TEP ]

Émission de Gaz à effet de serre = Contenu de gaz à effet de serre de l’énergie X Quantité d’énergie transformée.

Les émissions de gaz à effet de serre dépendent de la répartition des diverses sources énergétiques. Actuellement l’essentiel de nos transformations d’énergie émet du CO2. Par conséquent, la seule manière de diminuer le « contenu de gaz à effet de serre de l’énergie » serait de se passer des énergies fossiles et de faire croître la part des énergies « sans carbone » (renouvelables et … nucléaire) dans le mix.. Centrale à charbon au Canada crédit image : +POSITIVR

* Défintion : Produit Intérieur Brut – PIB

Le PIB (produit intérieur brut) est un (...)

Article mis en ligne le 29 mai 2018
dernière modification le 2 juin 2018
Rubrique : Politique

c’est une malédiction du même type que celle de Brigadoon, film de Vincente Minnelli sorti en 1954 dont serait victime l’ambition d’une « Europe sociale » selon Bernard Cassen (Une fois tous les cinq as, le mirage de l’Europe sociale) : pendant quelques semaines, tous les cinq ans, elle fait surface dans les programmes des candidats aux élections au Parlement européen. Puis elle disparaît du paysage politique jusqu’au scrutin suivant.
Il y a de quoi désespérer de la gauche européiste. Il ne faut pas s’illusionner parce qu’elle ne pourra pas s’extraire de la logique libérale des traités et de sa traduction dans les politiques nationales.

La méthode proposée par le parti de la gauche européenne pour la construction d’une autre Europe est la suivante :

Une révolution citoyenne grâce à un gouvernement de Front de Gauche qui proposerait aux autres états européens de changer les règles du jeu en essayant de convaincre nos partenaires (28 pays) et, s’il y a refus de leur part de les appliquer dans notre propre pays, c’est à dire de désobéir en s’appuyant sur la volonté du peuple. En ne remettant pas en cause la construction européenne dans son principe même et le système de l’€uro comme monnaie unique, en nous faisant croire qu’il est possible de transformer l’Union européenne de l’intérieur, le parti de la gauche européenne nous joue un très mauvais tour.

En voici les raisons :

• Le titre XV de la constitution et l’article 88-1 place les traités européens au dessus de la loi française :

« La République participe à l’Union européenne constituée d’États qui ont choisi librement d’exercer en commun certaines de leurs compétences en vertu du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007. »

• L’Europe sociale est une chimère, elle ne peut mécaniquement pas exister comme l’écrit Albert Mince sur le blog de Paul Jorion.

Je le cite intégralement avec des modifications minimes liés à sa date de publication.

« Depuis un bon demi siècle, l’Europe, vue de la France, c’est la paix, c’est l’union politique, c’est l’union des peuples, c’est la défense commune, ce sont des idéaux, c’est une vague envie fédéraliste. Elle est teintée d’un idéal, couronnée d’une auréole, l’Europe c’est le bien, c’est notre avenir, c’est le progrès ».

En réalité, l’Union européenne, (...)

Article mis en ligne le 22 mai 2018
dernière modification le 2 juin 2018
Rubrique : Sociologie

Cet extrait de la préface du livre de Alain Deneault, "Politique de l’extrême centre" (cad de la médiocratie), nous offre une sorte de sociologie de l’électorat .
Le terme médiocratie, composé de médiocre avec le suffixe -cratie, a d’abord été utilisé en 1844 dans le sens de gouvernement de la classe moyenne. Il s’emploie à propos d’’une organisation où règne la compétence moyenne, l’opinion moyenne, qui fonctionne en recherchant l’homogénéité au détriment de la diversité, et qui ne parvient pas ou ne veut pas attirer "les meilleurs", ni les placer à sa tête. Médiocre vient du latin mediocris : moyen

Une typologie de cinq personnages conceptuels se dessine pour traduire les réactions possibles à l’hégémonie enjoignant à la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies.

Le cassé

Selon le romancier Pierre Lefebvre, ou encore « l’homme qui dort », dixit Georges Pérec, refusent tous deux l’ordre institué en s’y soustrayant. Ils font le dos rond sous l’époque. Sous les radars, ces pique-assiettes ou ascétiques refusent tous deux les facéties et aberrations qu’institue l’organisation contemporaine et optent sans hésitation pour un statut précaire. Comme le dit Lefebvre, « l’unique et véritable raison pour laquelle je n’ai pas su garder la plupart de mes jobs reste au fond assez simple : je n’ai jamais pu m’habituer à mon statut de "ressource humaine" » (Pierre Lefebvre, Confession d’un cassé, 2015). Ils agissent ainsi par dégoût viscéral et dans l’optique de la préservation de soi, plus que par souci de résistance politique. Georges Pérec

Version Jérome Leroy cela donne :

Le ciel est bleu, la [Bretagne] est belle et les Français, cette fois-ci en toute conscience, s’’apprêtent à donner une majorité à des godillots au service des intérêts de classe du capital qui vont les renvoyer, en souriant comme des drogués, chez Dickens et Zola réunis. Devant un tel degré de bêtise suicidaire, je ne suis pas fatigué, je suis juste en rogne.

Mais comme je n’’aime pas la mauvaise humeur misanthropique, je pense que je vais arrêter après le 17 juin de jouer dans les farces électorales. Je songe à ouvrir du côté [des monts d’’Arrée] une école autogérée dans une communauté affinitaire où l’’on apprendra aux (...)


« La pensée écologique embrasse une échelle nouvelle et menaçante de perturbations infligées au milieu, réinterrogeant l’homme au sein de la nature. »
BOURG D., PAPAUX A.(dir.), Dictionnaire de la pensée écologique, Paris, Puf. 2017

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Substitution causale par Vincent Mignerot

Dans le monde réel, celui qui agit, c’est celui qui agit. Dans l’esprit humain, qui fait partie du réel mais qui ne contient pas bien sûr tout le (...)

Article mis en ligne le 12 mai 2018

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Économie, du grec ancien οἰκονομία (oikonomía), désigne étymologiquement « l’administration de la maison » (de oikos, maison, et nomos, gérer, administrer).
Le terme a un sens religieux, psychologique désignant la manière de diriger sa vie et un sens courant où l’économie (activité humaine) désigne les activités humaines tournées vers la production, l’échange, la distribution et la consommation de biens et de services.
Wikipedia

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La polarisation industrielle exacerbe les déséquilibres européens par David Cayla

David Cayla revient sur l’une des thématiques développée dans le livre La fin de l’Union européenne. (Delaume C., Cayla D., La fin de l’Union (...)

Article mis en ligne le 13 mai 2018

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