« Un amour dont les flammes réchauffent toutes vos actions » - John Wesley”

jeudi 11 novembre 2010
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Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit (Jean 3, 8)
Quel est l’état de tout homme qui est né de l’Esprit », né de nouveau, né de Dieu ? [...] Qu’est-ce que la nouvelle naissance ?
La première [marque de la nouvelle naissance] de toutes et le fondement de toutes les autres, c’est la foi. « Vous êtes tous, écrit saint Paul, les enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ » ; « à tous ceux qui l’ont reçue, dit saint Jean, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu. »
Mais quelle est cette foi dont parlent ici les apôtres   ? Ce n’est pas seulement une foi doctrinale ou spéculative. Ce n’est pas simplement un assentiment au dogme que « Jésus est le Christ », ni même à tous les dogmes contenus dans notre symbole ou dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Car alors (chose horrible à dire) les démons seraient enfants de Dieu, puisqu’ils ont cette foi. Ils « croient (et ils en tremblent) » que Jésus est le Christ, et que toute l’Écriture, étant inspirée de Dieu, est véritable comme Dieu. Ce n’est point un simple assentiment à la vérité, fondé sur le témoignage de Dieu ou sur les miracles ; car, eux aussi, ils entendirent le Fils de Dieu, ils le reconnurent pour témoin fidèle et véritable. Ils ne purent se dispenser d’admettre son témoignage, soit quant à lui-même, soit quant au Père qui l’avait envoyé. Ils virent aussi les œuvres de sa puissance et crurent qu’il était « issu de Dieu ». Mais cette foi ne peut faire qu’ils ne soient « réservés, dans leurs chaînes d’obscurité, pour le grand jour du jugement ».
Car tout ceci n’est encore qu’une foi morte. La vraie, la vivante foi chrétienne, dont on peut dire que celui qui la possède est enfant de Dieu, n’est pas seulement un acte de l’intelligence, mais c’est une disposition que Dieu Lui-même opère en son cœur ; c’est la ferme confiance en Dieu, par laquelle il s’assure, qu’à cause des mérites de Christ, ses péchés lui sont pardon¬nés et qu’il a retrouvé la faveur de Dieu.
[...]
Être fils ou enfant de Dieu, c’est, au jugement de l’Esprit Saint, croire en Dieu, par Christ, de telle manière qu’on « ne commet point le péché » et qu’on jouit, en tous temps et en tous lieux, de cette « paix de Dieu qui surpasse toute intelligence ». C’est espérer en Dieu, par le Fils de son amour, de telle manière que vous n’ayez pas seulement une bonne conscience, mais encore l’Esprit de Dieu, « témoignant à votre esprit que vous êtes enfant de Dieu » d’où résulte nécessairement que vous vous réjouissiez en Celui « par qui vous avez obtenu la réconciliation ». C’est d’aimer, plus que vous n’aimâtes jamais aucune créature, le Dieu qui vous a ainsi aimés, en sorte que vous ne pouvez qu’avoir pour tous les hommes le même amour que pour vous-mêmes ; un amour qui, non seulement brûle toujours dans vos cœurs, mais dont les flammes réchauffent toutes vos actions, toute votre conduite, et font de votre vie » un travail de charité », une obéissance permanente aux commandements qui nous disent : « Soyez miséricordieux comme Dieu est miséricordieux » ; « soyez saints, car je suis saint » ; « soyez parfaits comme votre Père est parfait ».
Ne dites donc pas en vous-mêmes : « J’ai été baptisé une fois, je suis donc enfant de Dieu. » Conséquence, hélas, tout à fait insoutenable. Ils ont été baptisés tous ces gourmands, tous ces ivrognes, ces menteurs et ces jureurs, ces moqueurs et ces médisants, ces impurs, ces voleurs, ces ravisseurs ! Qu’en dites-vous ? Sont-ils maintenant enfants de Dieu ? En vérité, je vous dis, à vous, qui que vous soyez, à qui s’applique l’une de ces désignations : « Votre père, c’est le diable, et vous faites les œuvres de votre père. » Au nom de Celui que vous crucifiez de nouveau et dans les termes qu’il employait pour ses prédécesseurs circoncis, je vous crie : « Serpents, race de vipères, comment éviterez-vous le jugement de la géhenne ? »

John Wesley, « Les marques de la nouvelle naissance » dans la Voie du salut  , Sermons, Librairie évangélique, 1858


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