« Premièrement le Christ, la tête et la pierre d’angle... » - Le manuscrit Graham

vendredi 14 mai 2010
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Par tradition et aussi par référence à l’Écriture, [nous savons] que Sem, Cham et Japhet eurent à se rendre sur la tombe de leur père Noé   pour tenter d’y découvrir quelque chose à son sujet, qui les guiderait jusqu’au puissant secret que détenait ce fameux prédicateur. Ici, j’espère que chacun admettra que toutes les choses nécessaires au nouveau monde se trouvaient dans l’arche avec Noé  .
Ces trois hommes avaient déjà convenu que, s’ils ne trouvaient pas le véritable secret lui-même, la première chose qu’ils découvriraient leur tiendrait lieu de secret. Ils n’avaient pas de doute, mais croyaient très fermement que Dieu pouvait et aussi voudrait révéler sa volonté, par la grâce de leur foi, de leur prière et de leur soumission ; de sorte que ce qu’ils découvriraient se montrerait aussi efficace pour eux que s’ils avaient reçu le secret dès le commencement, de Dieu en personne, à la source même.
Ils arrivèrent donc à la tombe et ne trouvèrent rien, si ce n’est le cadavre déjà presque entièrement corrompu. Ils saisirent un doigt qui se détacha et ainsi de suite de jointure en jointure jusqu’au poignet et au coude. Alors, ils redressèrent le corps et le soutinrent [...] et s’écrièrent : « Aide-nous, ô Père ! » Comme s’ils avaient dit : « Ô Père du ciel aide-nous à présent, car notre père terrestre ne le peut pas. »
Ils reposèrent ensuite le cadavre, ne sachant que faire. L’un d’eux dit alors : « Il y a encore de la moelle dans cet os », et le second dit : « Mais c’est un os sec » ; et le troisième dit : « Il pue, » Ils s’accordèrent alors pour donner à cela un nom qui est encore connu de la franc-maçonnerie de nos jours. Puis ils allèrent à leurs entreprises et par la suite leurs ouvrages tinrent bon. Cependant, il faut supposer et aussi comprendre que la vertu ne provenait pas de ce qu’ils avaient trouvé ou du nom que cela avait reçu, mais de la foi et de la prière. [...]
Pendant le règne du roi Alboin naquit Betsaléel, qui fut appelé ainsi par Dieu avant même d’être conçu dans la [matrice]. Et ce saint homme sut par inspiration que les titres secrets et les attributs principiels de Dieu étaient protecteurs, et il bâtit en s’appuyant dessus, de sorte qu’aucun esprit infernal et destructeur n’osa prétendre renverser l’œuvre de ses mains. Aussi ses ouvrages devinrent si fameux que les deux plus jeunes frères du roi Alboin, déjà nommé, voulurent être instruits par lui de sa noble manière de construire. Il y consentit à la condition qu’ils ne la révèlent pas sans que quelqu’un soit avec eux pour composer une triple voix. Ainsi ils s’engagèrent par serment et il leur enseigna les parties théorique et pratique de la Maçonnerie ; et ils travaillèrent. [...]
Tout continua ainsi [...] jusqu’à ce que Salomon commence à construire la Maison du Seigneur [...]. Il envoya chercher Hiram   à Tyr. C’était le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali et son père était un Tyrien qui travaillait le bronze. Hiram   était rempli de sagesse et d’habileté pour faire toutes sortes d’ouvrages de bronze. Il vint auprès du roi Salomon et lui consacra tout son travail. [...]
Quand tout fut terminé, les secrets de la franc-maçonnerie furent mis en bon ordre, comme ils le sont maintenant et le seront jusqu’à la fin du monde, pour ceux qui les comprennent vraiment ; en trois parties, par référence à la Sainte Trinité qui fit toutes choses, puis en treize subdivisions rappelant le Christ et ses douze apôtres  , qui sont comme suit : un mot pour un théologien, six pour le clergé et six pour le compagnon du Métier, puis, en plein et total accord avec cela, suivent les cinq points des compagnons francs-maçons. [...] Ces [cinq] points tirent leur force de cinq origines, une divine et quatre temporelles, qui sont les suivantes : premièrement le Christ, la tête et la pierre d’angle, deuxièmement Pierre appelé Cephas, troisièmement Moïse qui grava les commandements, quatrièmement Betsaléel le meilleur des maçons, cinquièmement Hiram   qui était rempli de sagesse et d’intelligence.

Manuscrit Graham (1726), trad. G. Pasquier, Extrait du Cahier La franc-Maçonnerie : Documents fondateurs, © Éditions de l’Herne, 1992, 2007.


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs