« Les indulgences outragent la grâce, qui seule, par la foi, rend bon » - Martin Luther

jeudi 11 novembre 2010
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Martin Luther (1438-1546)

Les 95 thèses ...

71. À qui s’élève contre la vérité de l’indulgence papale, anathème   et malédiction !
72. Mais celui qui remplit le devoir de dénoncer les excès de langage et les déportements des prédicateurs d’indulgences, à celui-là grâce et bénédiction !
81. Il résulte de cette prédication désordonnée d’indulgences, qu’il n’est pas facile, même aux doctes hommes, de défendre l’honneur du pape contre les calomnies ou du moins contre les questions captieuses des laïcs.
86. Ainsi : pourquoi le pape, dont les trésors amoncelés dépassent aujourd’hui ceux des richards les plus opulents, ne prend-il pas dans sa propre bourse plutôt que dans celle des pauvres fidèles, pour bâtir tant seulement une simple basilique en l’honneur de saint Pierre ?
90. Étouffer par de simples motifs de piété ces raisonnements de laïcs très scrupuleux et ne pas les confondre par de solides arguments, c’est exposer l’Église   et le pape à la risée de leurs ennemis et faire le malheur des chrétiens.
91. Si donc les indulgences étaient prêchées selon la pensée et l’intention du pape, il serait aisé de résoudre toutes ces questions ou mieux : on ne les poserait même pas.
92. Loin de nous, tous ces prophètes qui disent au peuple du Christ : La paix ! La paix ! et qui n’ont point la paix !
93. Loin, bien loin de nous, tous ces prophètes qui disent au peuple du Christ : La croix ! La croix ! et qui n’ont pas la croix !
94. Il faut exhorter les chrétiens à suivre fidèlement leur chef, qui est le Christ, à travers les peines, la mort, l’enfer même,
95. Et à ainsi demeurer assurés que c’est par de nombreuses tribulations qu’on entre au ciel, bien plutôt que par la sécurité d’une fausse paix.

Martin Luther, Les 95 thèses contre les indulgences, Extraits, Académie des bibliophiles, 1870

De la liberté du chrétien

Il ne sert donc rien à l’âme de revêtir son corps d’habits sacrés, comme font les prêtres   et les ecclésiastiques, de faire acte de présence dans les églises, de s’adonner par le corps à de saintes pratiques, de prendre des attitudes de
prières, de jeûner, de faire des pèlerinages et d’accomplir dans son corps ou avec son corps toutes les bonnes œuvres possibles. [p. 28-29] Il est facile de comprendre, par tout ce qui précède, dans quelle mesure on doit rejeter ou pratiquer les bonnes œuvres et comment il faut recevoir les enseignements qui les recommandent. Dès qu’elles s’accompagnent de cette pensée perverse, que nous devons par elles acquérir la piété et le bonheur, elles sont mauvaises et tout à fait condamnables, car elles ne sont plus désintéressées et elles outragent la grâce, qui seule, par la foi, rend bon et bienheureux. Cela, les œuvres ne peuvent le faire, et pourtant elles se le proposent, dérobant ainsi à la grâce son influence et son honneur. Ainsi, nous rejetons les œuvres, non à cause de leur propre nature, mais à cause de cette pensée perverse dont nous avons parlé, du fait qu’elles ont l’apparence du bien, mais non la réalité, qu’elles trompent tout le monde, comme des loups dévorants sous des vêtements de brebis. [p. 53s

Martin Luther, De la liberté du chrétien (1520), Extraits, Trad. L. Christiani, Bloud, 1914

Cours sur l’Épitre aux romains

L’Épître aux Romains est pièce maîtresse du Nouveau Testament et le plus pur de tous les Évangiles. Aussi tous les chrétiens devraient-ils la savoir par cœur et s’en nourrir chaque jour, comme du pain quotidien de leurs âmes. On ne peut jamais la méditer ni la pratiquer assez ; plus on s’en empreigne, plus on la trouve délicieuse. [...] La Loi divine n’est pas comme les lois humaines, auxquelles on satisfait pourvu qu’on s’y soumette extérieurement, même sans la participation du cœur. Gardons-nous d’une erreur aussi funeste. C’est d’après nos sentiments les plus intimes que Dieu nous juge ; sa Loi exige le concours de ces sentiments, et réprouve comme hypocrisie et mensonge, les œuvres extérieures faites autrement que par amour de Lui. N’agir que par peur du châtiment ou par le désir de la récompense, ce n’est pas aimer la Loi de Dieu, c’est y être opposé et préférer secrètement de la violer, si on le pouvait sans péril. (pp. 3-4)

Matin Luther, Cours sur l’Épitre aux romains (1522), Extraits, Delay, 1842


Le Christianisme : saint Paul, saint Thomas...