« Les Les institutions humaines sont inutiles et contraires à l’Évangile » - Philipp Melanchthon

jeudi 11 novembre 2010
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Philipp Melanchthon (1497-1560)

Article IV : de la justification
On enseigne aussi que nous ne pouvons obtenir la rémission des péchés  , ni être justifiés devant Dieu par nos propres forces, nos mérites et nos œuvres, mais que nous obtenons la rémission des péchés   et que nous sommes justifiés devant Dieu gratuitement, pour l’amour de Jésus-Christ et par la foi, lorsque nous croyons que Christ a souffert pour nous, que nos péchés nous sont pardonnés et que la justice et la vie éternelle nous sont données pour l’amour de Christ. Car cette foi, Dieu veut nous l’imputer à justice devant lui, comme dit saint Paul aux Romains, chapitres 3 et 4.
Art. VII : de l’Église  
On enseigne aussi qu’il y a et qu’il doit y avoir en tout temps une seule sainte Église   chrétienne, qui est l’assemblée de tous les croyants, dans laquelle l’Évangile est enseigné purement et où les saints sacrements soient administrés d’une manière conforme à la Parole divine.
Art. XV : des cérémonies ecclésiastiques
On déclare en même temps, que toutes les traditions et institutions humaines, faites dans le dessein d’apaiser Dieu et de mériter sa grâce, sont contraires à l’Évangile et à la doctrine de la foi en Jésus-Christ. C’est pourquoi les vœux monastiques et les autres traditions concernant l’usage des viandes et la destination des jours, etc., par lesquels on prétend mériter la grâce et satisfaire pour ses péchés, sont inutiles et contraires à l’Évangile.
Art XX : des bonnes œuvres
On nous accuse faussement d’interdire les bonnes œuvres ; mais les écrits de nos docteurs sur les Dix commandements et leurs autres livres prouvent qu’ils ont enseigné d’une manière bonne et utile, comment il faut se conduire et quelles œuvres il faut faire, dans toutes les vocations chrétiennes. Autrefois, les prédicateurs ne parlaient que d’œuvres puériles et vaines, telles que les rosaires, le culte des saints, la vie monastique, les pèlerinages, les jeûnes particuliers, les jours de fête, les confréries, etc. Nos adversaires eux-mêmes modèrent aujourd’hui leurs éloges et ne vantent plus autant les œuvres inutiles. Outre cela, ils ont appris à parler de la foi, dont ils ne faisaient auparavant aucune mention ; et maintenant, ils enseignent au moins que nous ne sommes pas justifiés devant Dieu par les œuvres seules ; ils ajoutent encore aux œuvres la foi en Jésus-Christ, disant que c’est la foi avec les œuvres qui nous justifie, ce qui peut apporter plus de consolations que leur ancienne doc¬trine, qui n’enseignait qu’à se confier aux bonnes œuvres.
Art. XXIII : du mariage des prêtres  
Il s’est élevé dans toutes les classes de la société une clameur et une plainte générale contre l’incontinence des prêtres   et contre les désordres et les excès honteux de leur vie. Au lieu de se contenir dans les bornes de la chasteté, ils commettaient des crimes tout à fait abominables. Pour éviter les horribles scandales de l’adultère et de la fornication, quelques-uns de nos prêtres   sont entrés dans l’état du mariage ; et ils allèguent, pour raison de leur conduite, qu’ils ont été déterminés par les besoins pressants de leur conscience, car l’Écriture sainte nous apprend que l’état du mariage a été institué par le Seigneur notre Dieu, pour empêcher la fornication. Saint Paul dit que « pour éviter la fornication, chacun doit avoir sa propre femme » et il ajoute « qu’il vaut mieux se marier que de brûler » (I Corinthiens 7, 2 et 9). Jésus-Christ dit, que « tous n’en sont pas capables » (Matthieu, 19, 11). Il montre par là (et il savait bien ce qu’était l’homme) qu’il y a peu d’hommes possédant le don de la chasteté.
[...]
__ D’ailleurs, il est prouvé par l’histoire et par les écrits des Pères, qu’il était autrefois d’usage dans l’Église   chrétienne que les prêtres   et les diacres fussent mariés. Aussi saint Paul dit-il que l’« évêque doit être irrépréhensible et mari d’une seule femme » (I Timothée, 3, 2).

Confession d’Augsbourg, Extraits, Trad. C. Pfender, Schultz, 1872


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