« La franc-maçonnerie proclame l’existence d’un principe créateur » - Le Rite Écossais Ancien Accepté

jeudi 20 mai 2010
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Dieu, Grand Architecte, dans une enluminure médiévale (c.1250).

Depuis trop longtemps, et dans ces derniers temps surtout, la Maçonnerie
a été l’objet des plus injurieuses attaques. [... ] Au moment où, sur des bases inébranlables, le Convent   sanctionne une intime alliance entre les maçons du monde entier, il ne peut se séparer sans répondre par une éclatante manifestation à de déplorables calomnies et à d’énergiques anathèmes.

Déclaration de principes
La franc-maçonnerie proclame, comme elle a proclamé dès son origine, l’existence d’un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers  . Elle n’impose aucune limite à la recherche de la vérité, et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance. Elle est donc ouverte aux hommes de toute nationalité, de toute race, de toute croyance. Elle interdit dans les ateliers toute discussion politique et religieuse ; elle accueille tout profane, quelles que soient ses opinions en politique et en religion, dont elle n’a pas à se préoccuper, pourvu qu’il soit libre et de bonnes mœurs.
La franc-maçonnerie a pour but de lutter contre l’ignorance sous toutes ses formes ; c’est une école mutuelle dont le programme se résume ainsi : obéir aux lois de son pays, vivre selon l’honneur, pratiquer la justice, aimer son semblable, travailler sans relâche au bonheur de l’humanité et poursuivre son émancipation progressive et pacifique. Voilà ce qu’elle adopte et veut faire adopter à ceux qui ont le désir d’appartenir à la famille maçonnique.
Mais à côté de cette déclaration de principes, le Convent   a besoin de proclamer les doctrines sur lesquelles la Maçonnerie s’appuie ; il veut que chacun les connaisse. Pour relever l’homme à ses propres yeux, pour le rendre digne de sa mission sur la terre, elle pose le principe que le Créateur suprême a donné à l’homme, comme bien le plus précieux, la liberté ; la liberté, patrimoine de l’humanité tout entière, rayon d’en haut qu’aucun pouvoir n’a le droit d’éteindre ni d’amortir et qui est la source des sentiments d’honneur et de dignité.
Depuis le [...] premier grade jusqu’à l’obtention du grade le plus élevé de la Maçonnerie écossaise, la première condition sans laquelle rien n’est accordé à l’aspirant, c’est une réputation d’honneur et de probité incontestée. Aux hommes pour qui la religion est la consolation suprême, elle dit : Cultivez votre religion sans obstacle, suivez les inspirations de votre conscience ; la franc-maçonnerie n’est pas une religion, elle n’a pas un culte ; aussi elle veut l’instruction laïque, sa doctrine est tout entière dans cette belle prescription : Aime ton prochain.
À ceux qui redoutent avec tant de raison les dissensions politiques, elle dit : Je proscris de mes réunions toute discussion, tout débat politique ; sois pour ta patrie un serviteur fidèle et dévoué, tu n’as aucun compte à nous rendre. L’amour de la patrie s’accorde d’ailleurs si bien avec la pratique de toutes les vertus !
On a accusé la Maçonnerie d’immoralité ! Notre morale, c’est la morale la plus pure, la plus sainte ; elle a pour base la première de toutes les vertus : l’humanité. Le vrai maçon fait le bien, il étend sa sollicitude sur les malheureux, quels qu’ils soient, dans la mesure de sa propre situation. Il ne peut donc que repousser avec dégoût et mépris l’immoralité.
Tels sont les fondements sur lesquels repose la franc-maçonnerie et qui assurent à tous les membres de cette grande famille l’union la plus intime, quelle que soit la distance qui sépare les divers pays qu’ils habitent ; c’est entre eux tous, l’amour fraternel. [...]
Francs-maçons de toutes les contrées, citoyens de tous les pays, voilà les préceptes, voilà les lois de la franc-maçonnerie, voilà ses mystères. Contre elle les efforts de la calomnie demeurent impuissants, et ses injures resteront sans écho ; marchant pacifiquement de victoire en victoire, elle étendra chaque jour son action morale et civilisatrice.

Manifeste du Convent   de Lausanne, 1875.


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs