« La bienfaisance, fil à plomb de tes actions » - Le Rite d’York

dimanche 16 mai 2010
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Publié en 1797 par Thomas Smith Webb (1771-1819) et très souvent réédoté, Le Moniteur du franc-maçon est en quelque sorte l’ouvrage fondateur du Rite d’York.

Règles pour conseiller les maçons chrétiens.
1. Adore et vénère le Très Haut, sur l’ordre de qui tout ce qui existe naquit ; et par l’opération incessante de qui tout se maintient. Plie le genou devant le Verbe incarné, et loue la providence qui t’a fait naître au sein du christianisme. Confesse partout la divine religion et ne néglige aucun de tes devoirs. Que chacune de tes actions se distingue par une piété éclairée, sans fanatisme ni bigoterie.
2. Souviens-toi toujours que l’Homme est le chef-d’œuvre de la Création, parce que Dieu Lui-même l’a animé de son souffle. Sois conscient de l’immortalité de ton âme, et sépare de cet être céleste impérissable tout ce qui lui est étranger.
3. C’est à la Divinité que tu dois ton premier hommage, le second, à la société civile. Honore le Père de l’État ; aime ton pays ; remplis avec un scrupule religieux tous les devoirs d’un bon citoyen. Considère que le serment maçonnique volontaire les a rendus sacrés, et que les violer, ce qui chez un profane serait une faiblesse, chez toi devient hypocrite et criminel.
4. Aime avec affection tous ceux qui, enfants du même Père, ont la même forme, les mêmes besoins et une âme immortelle. Le pays natal d’un maçon est le monde. Tout ce qui touche à l’homme se tient dans le cercle de son compas. Honore l’Ordre des francs-maçons qui s’est étendu jusqu’à la raison éclairée, et qui est venu en nos temples rendre hommage aux rites sacrés de l’humanité.
5. Dieu tolère que l’homme participe à l’éternelle félicité sans limites que de toute éternité il trouva en Lui. Efforce-toi de ressembler à cette Origine divine en rendant l’humanité aussi heureuse que tu le peux. Rien de bon ne peut s’imaginer qui ne soit l’objet de ton activité. Que la bienfaisance réelle et universelle soit le fil à plomb de tes actions. Ne reste pas insensible aux pleurs des malheureux. Déteste l’avarice et l’ostentation. Ne cherche pas la récompense de la vertu dans les louanges de la foule, mais au plus profond de ton cœur ; et si tu ne peux faire autant d’heureux que tu le souhaites, pense au lien sacré de bienveillance qui nous unit, et applique-toi au maximum à nos travaux féconds.
6. Sois affable et rends service ; allume la vertu dans tous les cœurs. Réjouis-toi de la prospérité de ton voisin, ne la teinte pas de l’amertume de la jalousie. Pardonne à ton ennemi, et si tu veux te venger de lui, fais-le par la bienfaisance. Suis par ce moyen l’un des commandements les plus exaltés de la religion, et poursuis la route de ta dignité originelle.
7. Interroge ton cœur pour en découvrir les dispositions les plus secrètes. Ton âme est la pierre brute que tu dois polir. Fais monter vers la Divinité des tendances régulières et des passions contrôlées. [...] Méfie-toi des conséquences funestes de l’orgueil ; c’est l’orgueil qui fut la cause première de la chute de l’homme. Étudie le sens de nos emblèmes ; sous leur voile se cachent d’importantes vérités agréables.
8. Tout franc-maçon, sans considération de la forme de religion à laquelle il appartient, de son lieu de naissance ou du rang qu’il occupe, est ton frère, et il a droit à ton aide. Dans la société civile, honore les divers degrés du rang ; dans nos assemblées, nous ne connaissons que la préférence de la vertu par rapport au vice. [...]
9. Remplis fidèlement tous les engagements que tu as pris comme franc-maçon. Révère et honore tes supérieurs, car ils parlent au nom de la loi. Pense toujours au vœu de secret ; si jamais tu le violais, le bourreau serait ton propre cœur et tu deviendrais un objet d’horreur pour tes frères.
Telles sont les règles de vie que tout maçon devrait suivre ; s’il le fait, nous espérons avec confiance qu’il trouvera une heureuse entrée dans cette suprême Loge Céleste, où l’ineffable clarté du Grand Architecte de l’Univers   qu’il faut adorer est la seule Lumière, et où coulent à jamais les plaisirs les plus exquis.

Thomas Smith Webb, Le Moniteur du Franc-Maçon (1818), Tome 1, Trad. G. Lamoine, Éd. de La Hutte, 2008.


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs