« La Maçonnerie devient ainsi le centre de l’union » - Les constitutions d’Anderson

vendredi 14 mai 2010
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 De Dieu et de la religion

Un maçon est obligé, par sa condition, d’obéir à la loi morale. S’il comprend bien l’art, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin sans religion. Dans les temps anciens, les maçons étaient obligés, dans chaque pays, d’appartenir à la religion de ce pays, quelle qu’elle fût. On estime cependant, maintenant, plus approprié de ne leur imposer que cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, et de les laisser libres de leurs opinions personnelles. Cela consiste à être des hommes bons et justes, des hommes d’honneur, quelles que soient les confessions qui puissent les séparer. La Maçonnerie devient ainsi le centre de l’union et le moyen de promouvoir une véritable amitié entre des personnes qui eussent dû rester perpétuellement séparées.

 De la magistrature civile [...]

Le maçon est un sujet pacifique vis-à-vis des pouvoirs civils, où qu’il réside et travaille. Il ne doit jamais être impliqué dans un complot contre la paix et le bonheur d’un pays, ni manquer de respect aux magistrats [...]. De même que la guerre et le désordre ont toujours fait tort à la Maçonnerie, les rois et les princes ont toujours été, dans le passé, fort enclins à sou¬tenir les artisans parce qu’ils étaient loyaux et pacifiques. C’est de cette manière qu’ils ont répondu, par leurs actes, aux mauvais procès de leurs adversaires, et qu’ils ont servi l’honneur de la confrérie, qui a toujours prospéré en temps de paix. Si, donc, un frère se rebelle contre l’État, il ne doit pas être soutenu bien qu’on puisse le prendre en pitié [...]. S’il n’est convaincu d’aucun autre crime, la Fraternité, par loyalisme, doit désavouer sa rébellion. Elle doit ne rien laisser dans l’ombre, ni donner au gouvernement du moment des raisons politiques de suspecter quoi que ce soit. On ne peut l’exclure de la loge et ses relations avec elle restent indéfectibles.

 Des loges

 La réunion, ou société de maçons dûment organisée, est nommée loge. Tout frère doit faire partie de l’une d’entre elles, et se soumettre à ses statuts et aux règlements généraux. Elle est autonome, ou générale. [ ...] Dans les temps anciens, aucun maître ou compagnon ne pouvait en être absent [si ce n’est par nécessité]. Ceux qui seront admis comme membres d’une loge devront être des hommes bons et loyaux, nés libres, majeurs et réfléchis, ni des serfs, ni des femmes, ni des hommes immoraux ou entourés de scandale, mais de bonne réputation.

Des maîtres, surveillants, compagnons et apprentis

Toute promotion, chez les maçons, n’est fondée que sur la valeur réelle et le mérite personnel, afin que les seigneurs soient bien servis, que les frères ne soient pas conduits à avoir honte, et que le Métier royal ne soit pas méprisé. Aucun maître ni surveillant n’est donc choisi à l’ancienneté, mais pour son mérite. Il est impossible d’exprimer ces choses par écrit. Tout frère doit attendre à son degré et les apprendre selon une méthode particulière à cette confrérie. Seulement, les candidats ont le droit de savoir qu’un maître ne doit prendre un apprenti s’il n’a assez de travail pour lui, et à condition que ce soit un jeune homme sain, sans aucun défaut physique qui le rendrait incapable d’apprendre l’art, de servir le seigneur de son maître, d’être reçu comme frère puis, le moment venu, comme compagnon [...]. Il doit aussi être de bonne naissance. C’est ainsi qu’il pourra atteindre, lorsqu’il sera autrement qualifié, l’honneur d’être le surveillant, puis le maître de la loge, le grand surveillant, et enfin, le Grand Maître de toutes les loges, tout cela selon ses mérites.
Un frère ne peut être surveillant s’il n’est passé par le degré de compagnon, ni maître s’il n’a rempli les fonctions de surveillant, ni grand surveillant s’il n’a été maître d’une loge [...]. Il lui faut être aussi de naissance noble, ou un homme de bonne éducation, ou quelque savant éminent, ou quelque architecte étonnant, ou un maître artisan. [...] Tous les frères doivent obéir [au Grand Maître et à ses adjoints].

Constitutions d’Anderson (1723), D’après http://reunir.free.fr/


Franc-Maçonnerie : les textes fondateurs